Kaija Saariaho – Nox Borealis

Pour sa 27e édition, Présences propose un portrait de Kaija Saariaho. Née en Finlande mais française d’adoption, la compositrice connaît une reconnaissance qui dépasse aujourd’hui les frontières de l’Europe.

La 27ème édition du festival Présences qui se tiendra du 10 au 19 février 2017 dresse le portrait de Kaija Saariaho à travers la présentation en concert d’une vingtaine de ces œuvres, certaines en présence de la compositrice.

Nox Borealis fera partie des pièces présentées lors de cette édition, au Studio 107 de la Maison de la Radio le samedi 18 février (à 12h10, 15h20, 17h20 et 19h20) et le dimanche 19 février (à 12h10, 15h20 et 17h20).

Première expérience à Présences et dans les studios de Radio France d’une installation audio-visuelle unique. Cette métaphore musicale et artistique de la Nature, propose au public (lequel sera placé dans une configuration spécifique) une immersion totale dans l’univers des nuits boréales.

Renseignements et billetterie sur le site de la Maison de La Radio.

 

Kaija Saariaho

 

Kaija Saariaho est une figure centrale d’une génération de compositeurs et d’interprètes finlandais de renommée et d’influence internationale. Née en 1952 à Helsinki, elle étudie à l’Académie Sibelius auprès du pionnier moderniste Paavo Heininen. Elle y fonde, avec Magnus Lindberg et d’autres, le groupe progressiste “Ouvrez les oreilles !”, avant de suivre, à Darmstadt puis à Fribourg, les cours de Brian Ferneyhough et Klaus Huber. En 1982 elle intègre les cours de l’IRCAM à Paris où elle réside désormais.

KAIJA SAARIAHO © Priska Ketterer
KAIJA SAARIAHO © Priska Ketterer

À l’IRCAM, Saariaho a développé des techniques de composition assistée par ordinateur et a acquis la maîtrise du travail sur bande et avec électroniques en temps réel. Cette expérience a influencé son approche de l’écriture pour orchestre avec un intérêt particulier pour la formation des densités sonores dans des transformations lentes. Sa première pièce pour orchestre, Verblendungen (1984), implique un échange progressif des rôles et des caractères entre l’orchestre et la bande. Les titres mêmes de son diptyque d’œuvres orchestrales, Du Cristal (1989) et …à la Fumée (1990) – cette dernière avec flûte alto et violoncelle solo et toutes deux avec électroniques en temps réel – suggèrent le soin qu’elle porte à la couleur et à la texture.

Saariaho s’est essayée à l’opéra avec un succès remarquable. L’Amour de loin, sur un livret d’Amin Maalouf fondé sur la biographie du troubadour du XIIe siècle Jaufré Rudel, a été saluée unanimement dans sa première production par Peter Sellars au Festival de Salzbourg en 2000, et la compositrice a été honoré pour cette œuvre du prestigieux prix Grawemeyer. Adriana Mater, sur un livret original par Maalouf, mélange la dure réalité du présent et les rêves, à nouveau dans une mise en scène de Sellars, à l’Opéra Bastille à Paris en Mars 2006. Émilie, opéra et monodrame pour Karita Mattila a eu sa création mondiale à Lyon en mars 2010.

En marge des opéras, elle a composé d’autres œuvres vocales, notamment les oniriques Château de l’âme (1996), Oltra mar (1999), et le cycle de chant Quatre Instants (2002). La Passion de Simone, méditation sur la vie et la pensée de la philosophe Simone Weil, a fait partie du festival international de Sellars «New Crowned Hope» en 2006/07. La version de chambre de l’oratorio a été crée par La chambre aux échos au festival Melos Ethos de Bratislava en 2013.

L’expérience dans l’écriture pour voix a mené Saariaho à une certaine clarification de son langage, avec une nouvelle veine de mélodie modale accompagnée par des motifs répétitifs plus réguliers. Ce changement de direction a été projeté dans des œuvres pour orchestre, y compris Aile du songe pour flûte et orchestre de chambre (2001) et l’éblouissant Orion pour grand orchestre (2002), Notes on Light (2006) pour le violoncelliste Anssi Karttunen et le Boston Symphony Orchestra et Laterna Magica (2008) inspiré de Bergman pour Sir Simon Rattle et l’Orchestre Philharmonique de Berlin, D’OM LE VRAI SENS (2010) a été écrit pour le clarinettiste Kari Kriikku, Maan Varjot (2013) pour orgue et orchestre, entre autres.

Dans la profusion d’œuvres que Saariaho a produites ces dernières années, deux caractéristiques ont marqué toute sa carrière et continuent de ressortir. L’une est la collaboration étroite et productive avec d’autres artistes – Amin Maalouf, Peter Sellars, Esa-Pekka Salonen, Camilla Hoitenga, Anssi Karttunen, Dawn Upshaw, Emmanuel Ax, Tuija Hakkila, entre autres. L’autre est la préoccupation – aussi visible dans son choix de sujets, les textes que dans l’abondance des marques d’expression dans ses partitions – de faire de sa musique, non pas le traitement d’un processus abstrait, mais un partage urgent du compositeur à l’auditeur d’idées, d’images et d’émotions.

aurore boréale

Nox Borealis, une installation musicale et visuelle

 

Nox Borealis (composé en 2008) est une installation musicale et visuelle trouvant son inspiration dans Lichtbogen pour 9 musiciens et électronique, que Kaija Saariaho a composé après un voyage en 1985 au-delà du cercle polaire, où elle a pu assister avec Jean-Baptiste Barrière au spectacle magique des aurores boréales se déployant dans le ciel.

Pour Nox Borealis, à partir d’un enregistrement multipistes de Lichtbogen, remixé et spatialisé, Saariaho et Barrière ont imaginé une dimension visuelle avec des images de synthèse abstraites. Celles-ci s’inspirent de l’analyse de la musique comme de celle des structures des aurores boréales, et sont projetées en l’air, immergeant le public, tels les observateurs de ces phénomènes naturels scrutant les larges mouvements de lumière sillonnant les ciels d’hiver nordiques.

En partant d’une réflexion sur les aurores boréales et en particulier sur le travail sur le timbre dans Lichtbogen, la partie visuelle esquisse ainsi un chantier spéculatif sur l’exploration des relations de la musique et de l’image, à travers une exploration des lumières et des couleurs.

 

Compositeur, artiste multimédia, Jean-Baptiste Barrière est né à Paris en 1958. Il a fait des études de musique, de philosophie, d’histoire de l’art, et de logique mathématique (Doctorat de philosophie de l’Université de Paris I – Panthéon-Sorbonne). Parallèlement à la composition, il a mené une carrière à l’Ircam où il a d’abord été chercheur à partir de 1981,  dans le cadre des projets Chant (synthèse de la voix chantée par ordinateur) et Formes (contrôle de la synthèse et composition avec ordinateur), puis de 1984 à 1987, il a dirigé la Recherche Musicale, et à partir de 1989, la Pédagogie, et de 1993 à 1997, la Création. Depuis l’été 1998, il a quitté l’Ircam pour se consacrer entièrement à la création.

 

Musique : Kaija Saariaho

Réalisation de la partie électronique : Jean-Baptiste Barrière

Ensemble Avanti !, direction Hannu Lintu

Conception de la partie visuelle : Jean-Baptiste Barrière

Réalisation des images : François Galard

Production: Cartes/Institut finlandais/image Auditive

 

La musique de Kaija Saariaho est editée exclusivement par Chester Music et Edition Wilhelm Hansen, membres du group Music Sales Group.

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