Nathalie, son accent et les cigales en son 3D

Nathalie Salles parle avec l’accent du Sud. On ne peut pas le rater, surtout dans une maison -Radio France- où l’on prête plus qu’ailleurs attention aux voix, aux intonations, aux timbres. « Accent tant de fois imité, pas toujours pris au sérieux« , s’amuse Nathalie. Elle est chargée de réalisation à France culture. Une habituée de nouvOson, puisqu’elle aime mettre en espace les documentaires qu’elle réalise. L’accent et la cigale pour Creation on air est donc la synthèse de tout ça : ce documentaire radiophonique qu’elle a produit et réalisé, vous plonge à 360° dans l’univers sonore de son enfance.

Cet univers est peuplé de voix qui partagent son verbe chantant. Celles notamment d’Ariane Ascaride ou d’Hervé Di Rosa. Mais s’y nichent aussi des cigales. Leur chant, qu’on appelle la cymbalisation, fonctionne comme « une madeleine » pour la chargée de réalisation, la ramenant dans « ce Midi rêvé, fantasmé« . Ce sont donc elles qui signent la BO de ce documentaire, avec la complicité du compositeur Diego Losa. Des cigales enregistrées à l’été 2016 (il faut au moins 25°C au thermomètre pour qu’elles s’expriment) en multicanal par le preneur de son Guillaume Le Dû.

Cinq micros « sur un parapluie »

On le voit à peine sur la photo, érigeant un parapluie de 5 micros, son outil fétiche, dans la verdure méditerranéenne. Fétiche car Guillaume a modestement participé à la création de ce dispositif de captation multicanale, avec Michael Williams, fameux ingénieur du son, alors qu’il n’était encore qu’étudiant à l’École Louis-Lumière. Ce dispositif s’appelle le MMAD, comme Multichannel Microphone Array Design. Il permet « grâce à des angles et des distances entre les différents micros calqués sur le principe du couple stéréo, de reproduire une scène sonore de façon continue et homogène sur 360° », explique-t-il.

« Avec ce dispositif, le son est très réaliste, naturel et enveloppant. Ici, à l’écoute, on a l’impression d’être vraiment dans le Midi, explique Guillaume Le Dû. Si on avait enregistré les cigales en simple stéréo, on aurait eu l’impression de les regarder, en spectateur, par la fenêtre. En les enregistrant en 5.1, c’est comme si on était cerné. Elles sont partout ! »

Ce documentaire, c’est donc ça : une immersion dans les sons qui ont bercé l’enfance méridionale de Nathalie Salles. Dans ce paysage sonore qui reste ancré dans sa mémoire. Loin des clichés. Loin du folklore.

, ,