Elephant, revisited

Quand nous avons écouté cette pièce la première fois, c’était à l’aveugle. Sans note d’intention, ni titre. Nous nous sommes d’abord demandé où cette voix off, jonglant d’une enceinte à l’autre, voulait en venir. Et puis nous avons fini par comprendre. Dans les dernières secondes. La pièce d’Amélie Buhannic, film sans image, revisite en réalité le long-métrage Elephant de Gus Van Sant sur la tuerie de Columbine, aux États-Unis.

Split-screen sonore

Si nous avons eu un coup de coeur pour cette composition au Festival Longueur d’Ondes le 6 février 2016, ce n’est pas tant pour sa technicité -il y a à redire sur ce 5.1 qui n’en est pas un- que pour l’originalité de sa narration. L’installation d’origine, présentée au Frac Bretagne à Rennes, prévoit quatre haut-parleurs qui scindent et scandent les dernières minutes des différents protagonistes et témoins du drame de Columbine en 1999, comme le ferait un split-screen (en français, écran divisé) au cinéma. Le résultat est un récit « défait, délocalisé, augmenté« , selon des mots empruntés à Amélie, dont résulte une tension grandissante jusqu’au climax silencieux de cette histoire.

Amélie Buhannic, 31 ans, sortie en juin 2015 de l’Eesab, École européenne supérieure d’art de Bretagne à Quimper, se décrit comme une « passeuse d’histoires […] personnelles et subjectives ».

Le jury du Prix de la création en multicanal était composé de Bergame Périaux de l’Ina, d’Hervé Déjardin, expert en son 3D à Radio France et de Olivier Pellerin et Cécile Quéguiner, chargés de mission à l’innovation sonore à la direction du numérique de Radio France.

► Découvrez aussi le 1er prix de la création en 5.1 : Ode à Vendredi, de Sulivan Clabaut.

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