C’est Buster qui tonne

Haletante, trépidante, addictive, la musique donne l’impression d’un mouvement perpétuel, John Adams comparant lui-même la pulsation de sa pièce, proche du boogie-woogie – et du ragtime des années 20 et 30 – à celle d’un train à vapeur lancé à toute vitesse.

C’est peut-être cette cohérence temporelle qui rend l’alliance avec les films de B. Keaton si naturelle. Le compositeur a, dans cette pièce, rompu avec son mode d’écriture rythmique habituel, basé sur une métrique très fluide et des mesures composées sans cesse changeantes. Ici, comme l’induit le titre de la pièce – en français « Symétries effrayantes » – John Adams a voulu mettre en avant le côté sidérant des carrures rythmiques prévisibles et de changements harmoniques clairs, rapprochant ainsi son langage de celui du jazz.

Si la pop ou la techno minimaliste trouvent leur place dans cette œuvre, c’est avant tout par l’utilisation de samples et de synthétiseurs habilement intégrés dans la palette sonore d’un orchestre symphonique traditionnel. Un quatuor de saxophone donne, lui, une couleur plus « jazz », toujours dans l’esprit des Big Band des Années Folles.Sur le plan du son, on a choisi de donner une couleur « Big Band » à l’ensemble orchestral, qui apparaît ainsi plus resserré qu’une formation de musique classique, autant par souci de style que pour satisfaire les impératifs rythmiques de l’écriture. D’autre part, même si l’impression de mouvement perpétuel du film magnifiquement synchronisé sur la musique est évident, on s’est autorisé pendant le mixage multicanal à certains déplacements des sources instrumentales et ce, pas nécessairement en cohérence avec le mouvement suggéré par l’image. Ainsi sur la partie finale, c’est le côté hypnotique, (répétitif) de la musique qui nous a inspiré dans le mixage ce déplacement des sources dans un cercle presque parfait (cf partie de synthétiseur/celesta/cordes de la fin), comme si nous étions entraînés dans in tourbillon sans fin.

Ce film de montage a été projeté en clôture du festival de Radio France & Montpellier en 2006. Orchestre national de Montpellier, dirigé par René Bosc

 

,